3/02/2009

ಲ'ಹಿಸ್ತೋಇರೆ ದ'ಉನೆ ಫೆಮ್ಮೆ ಆ ವೋಲೆಂತ್ ದೇ ಸ destinéಎ.

L’histoire d’une femme au volant de sa destinée.
Photo Caroline Legault.
Il m’est arrivée une drôle d’histoire y’a de ça pas si longtemps, même que j’dirais que ça remonte à un hier d’une autre vie passagère. Perdu dans l’fond d’ma forêt ombreuse, j’avais dans l’idée de m’sauver sans crier garde, sans dire un mot, sans même passer GO. J’étais ben mal prise dans ma peau de mal aimée pis mal assortie d’un mal nécessaire à mon mal de vivre, fallait ben manger d’la souffrance tout en broyant mon noir pour m’apercevoir que l’monde dans lequel j’vivais mourrait de désespoir.
V’la qu’un jour de grande noirceur habituelle où l’soleil brûlait par en dedans de lui-même que je me suis retrouvée au volant de ma destinée. Les fesses ben serrées sur la banquette de mon vieux truck qui roulait au ralenti et qui buckait à tout bout champs, me contrariant machiavéliquement ben évidemment!
J’m’étais armée jusqu’aux dents d’en arrière, même mes plus sages étaient prête à mordre le diable par la queue. J’avais si peur d’avoir peur, peureuse de malheureuse que j’étais, peureuse et honteuse de mon obscurité. J’étais devenue une bête sanguinaire, opiniâtre, cannibalesque aux dents menaçantes, j’voulais mordre à blanc, corroder le mal par mes canines, l’anéantir d’une bouchée pour enfin m’en libérer.
Y’a de ces histoires qui te retrousse le poils d’la bête, qui te donne des frissons d’hérisson, qui te rende serpent pis t’en arrive à pu savoir si tu vas t’en sortir vivant.
Toujours est-il que mon Truck roulait dangereusement à travers la forêt des opprimés, pas de GPS pour me donner le chemin du retour à la raison, j’étais perdu dans mes déboires d’affolement-d’accablement-d’abattement-d’anéantissement.
Et puis soudain…comme ça, sans rien comprendre pis sans rien voir venir de mon funeste état d’être, une chanson vint à mon oreille, mais d’où venait-elle?

On aurait bien voulu te dire, on aurait bien voulu t’écrire on aurait bien voulu te raconter.
On aurait bien voulu faire, on aurait bien voulu se taire.
On aurait préférer tout partager.
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps.
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps.
Il nous reste du temps pour essayer…
On aurait bien voulu entendre, on aurait
bien voulu comprendre, on aurait bien voulu l’éternité.
On aurait bien aimer encore, encore et encore et encore…
Il nous reste du temps pour essayer…
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps
Il nous reste du temps pour essayer…
Il nous reste du temps pour essayer tant de choses…
Il nous reste du temps pour rattraper le temps…
Apprivoiser l’absence et de gagner le bon.
Il nous reste du temps pour essayer.
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps
Il nous reste du temps pour essayer quelque chose…
Quelque chose…
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps
Encore
Encore
Encore…il nous reste du temps
Il nous reste du temps pour essayer…..hummmmmmmmmm.

C’est au bout d’une toune pleine de ENCORE que j’me suis donnée d’l’espoir. Encore du temps, oui…il me reste encore du temps pour essayer quelque chose. J’avais sûrement besoin d’entendre 24 ENCORE pour me sortir d’mon désespoir, 24 Encore plein d’espoir, 24 encore en l’honneur de Dédé Fortin un autre désespéré. Y’avait là un beau message pis c’est la radio de mon truck qui me l’a chantée, après y’a rendu l’âme fais que j’ai fais le reste de mon p’tit bout d’chemin à pied….pis j’ai chantée….Encore, encore, encore il nous reste du temps pour essayer…quelque chose.